Première Gorgée de Bière
J'ai été bien silencieux ces derniers temps.
Puisque vous me posez la question de savoir pourquoi, je vais vous répondre.
Avec quelques amis, depuis 2 mois, nous travaillons sur un nouveau projet sur Couzon mais aussi, nous l'espérons, sur le Val de Saône et les Monts d'Or. Nous avons bien travaillé, nous sommes pratiquement prêt, il ne nous reste plus qu'a peaufiner quelques détails afin de vous le présenter à la fin de vos vacances.
Pour un des derniers papiers de Couzon Bazar, je vais vous parler d'une soirée couzonnaise.
Je ne sais pas si vous avez lu La Première Gorgée de Bière de Philippe Delerm. Il raconte les petits bonheurs quotidiens de chaque jour. Moi aussi, mardi dernier, j'ai eu le plaisir de Ma Première Gorgée de Bière. Ca se passe au boulodrome de pétanque. Le soir, après les traditionnelles parties du mardi soir, le président décide de faire sur le pouce un petit barbecue pour la fin de saison. Ils étaient quatre autour du feu pour nourrir tout ce petit monde de pétanqueurs. Il y a les anciens qui font office de gardiens du temple et puis tous les autres ; les jeunes et les middle jeunes. L'esprit de tout ce petit monde commence à divaguer sous l'effet d'un petit rosé frais comme si on l'avait plongé dans un ruisseau de montagne. Les brochettes et autres nourritures sont ingurgitées au pas de charge grâce à la maestria des préposés aux braises. Ils en oublient de manger, le président est désolé car il manque du pain. Ca fait plaisir de voir des gens qui pensent aux autres. C'est ici dans ces lieux, loin des sphères politiques qu'elles soient municipales ou plus, que la solidarité se construit entre anciens et jeunes, entre toutes les couches sociales. Ca commence à chanter, à chambrer, à se prendre par le cou et à esquisser des pas de danse. Il fait bon, le soleil s'est couché laissant la place à une petite brise qui ne vous donne pas envie de rentrer. Quant je pense que pendant ce temps, certains regardent un programme de télévision qu'ils ont choisi sans envie, sans passion. Pour cloturer ce repas, un ancien a ramené de chez lui des cerise à l'eau de vie que le président a religieusement partagé. Il y a des jours comme ça où tout est beau, tout est bon. Ces cerises, j'ai cherché au fond de ma mémoire gustative et j'ai pas trouvé un pareil plaisir à les déguster. Le gars vous demade ce que vous en pensé. Que dire ? J'aurais pas échangé ces cerises contre un boite de caviar ou un Mouton Rotschild. A ce moment très prècis, elles seules, occultaient tout mon plaisir.
Ce soir là, une seule chose m'a vraiment emmerdé ; c'est celle de ne pas avoir le talent de Philippe Delerm pour raconter cette soirée qui valait bien une Première Gorgée de Bière.



